Quand un prospect vous demande une présentation de votre entreprise, vous avez parfois quelques minutes pour expliquer ce que vous faites et pourquoi cela peut lui être utile. Une plaquette commerciale peut soutenir cet échange, à condition qu’elle ne soit ni un catalogue de tout ce que vous proposez ni une accumulation de slogans.
L’exemple ci-dessous concerne une petite entreprise fictive de nettoyage de bureaux. Il sert à illustrer les choix de contenu et de structure, pas à fournir des résultats ou des règles universelles. Vous pourrez adapter cette trame à votre activité, puis contrôler les informations d’identification et les conditions de diffusion.
Que doit montrer une plaquette commerciale dès la première page ?
Votre lecteur doit pouvoir comprendre rapidement à qui s’adresse votre offre, quel problème elle traite et comment poursuivre l’échange. Commencez par une phrase concrète plutôt que par une formule générale sur votre passion ou votre expertise. Une couverture peut réunir le nom de l’entreprise, une promesse compréhensible, le public concerné et un moyen de contact. Évitez d’y entasser votre histoire, toutes vos prestations et plusieurs appels à l’action.
La trame suivante est fictive : « Atelier Rivage » propose le nettoyage de locaux professionnels. Sa première page pourrait annoncer : « Des bureaux entretenus selon vos horaires et les usages de vos équipes ». Cette phrase explique le service et donne un critère de choix. Elle ne prétend pas garantir un résultat chiffré. Si vous exercez dans un autre secteur, remplacez-la par le besoin client auquel vous répondez réellement.
Pour choisir ce besoin prioritaire et le relier à vos objectifs de vente, appuyez-vous sur une stratégie commerciale structurée. La plaquette devient alors un support de cette démarche, plutôt qu’un document isolé qui tente de parler à tout le monde.
Quelles informations garder et lesquelles écarter ?
Une bonne sélection commence par les questions que votre prospect se pose avant de vous contacter : que faites-vous, pour qui, comment se déroule la prestation, que doit-il fournir et quelle est la prochaine étape ? Chaque paragraphe devrait répondre à l’une d’elles. Si une information ne permet ni de comprendre l’offre, ni de vérifier sa pertinence, ni d’avancer dans la décision, retirez-la ou gardez-la pour un échange ultérieur.
Dans l’exemple d’Atelier Rivage, une page intérieure pourrait présenter trois éléments : les espaces concernés, la façon de définir les interventions et les modalités de suivi. Ce découpage est un choix de maquette fictif, pas une formule dont l’efficacité serait garantie. L’entreprise pourrait décrire une première visite des locaux, une proposition adaptée aux besoins exprimés et un point de contact pour les ajustements. Elle ne devrait pas inventer des références clients, des délais ou des économies pour rendre la page plus persuasive.
Une autre page pourrait préciser les limites de la prestation : zones exclues, fournitures éventuellement nécessaires ou conditions d’accès. Dire clairement ce qui n’est pas inclus peut éviter un malentendu lors de la demande de prix. Si plusieurs prestations se ressemblent, expliquez la différence avec des critères utiles au client, comme la fréquence envisagée ou le type de locaux concernés, plutôt qu’avec des noms d’offres difficiles à distinguer.
Quelles informations d’entreprise vérifier avant l’impression ?
Distinguez les informations commerciales des identifiants administratifs. Un numéro peut aider à retrouver ou identifier une entreprise, mais sa présence sur une plaquette n’est pas automatiquement une obligation générale pour tous les supports et toutes les activités. Ne reprenez donc pas sans vérification une liste de mentions conçue pour un devis ou une facture.
Pour contrôler les identifiants utilisés, l’Insee indique que le SIREN attribué à une unité légale comporte 9 chiffres. Le SIRET identifie un établissement et en comporte 14, dont les 9 chiffres du SIREN suivis d’un NIC de 5 chiffres. Le code APE comporte, lui, 5 caractères. Ces éléments décrivent les identifiants ; ils ne constituent pas à eux seuls une liste de mentions obligatoires pour toute plaquette. Vous pouvez vérifier leurs définitions auprès de l’Insee sur les numéros Siren, Siret et le code APE.
Si votre activité conduit à présenter un numéro de TVA intracommunautaire, contrôlez-le également. Selon la fiche des impôts sur les numéros d’identification, le numéro français comprend les lettres FR et 11 chiffres ; le SIREN entre dans sa structure. N’ajoutez pas ces identifiants par simple réflexe : vérifiez qu’ils sont pertinents pour le document et votre situation.
Pour l’adresse, le téléphone, le courriel, les horaires ou les caractéristiques d’une prestation, faites une vérification avec la personne qui en est responsable. Une plaquette qui donne une ancienne adresse ou une offre qui n’est plus proposée nuit à la confiance et peut orienter le prospect vers une mauvaise démarche. Cette vérification pratique ne remplace pas le contrôle juridique des documents qui engagent l’entreprise.
Comment adapter la trame à votre activité ?
Reprenez la structure fictive en quatre blocs, en modifiant leur contenu selon votre cycle de vente :
- La couverture présente le besoin traité, le public visé et l’identité de l’entreprise.
- L’offre explique les prestations et les différences utiles entre elles.
- La méthode décrit les étapes, les informations à fournir et les limites à connaître.
- La suite indique comment poser une question ou convenir d’un échange, avec des coordonnées à jour.
Ce format n’est pas une règle de pagination. Pour une activité où le client compare des options, une présentation par besoins peut être plus lisible. Pour une prestation complexe, il peut être préférable de séparer l’explication générale de la fiche technique détaillée. L’essentiel est que le prospect trouve la réponse attendue sans devoir interpréter des termes internes à votre métier.
Choisissez ensuite le support de diffusion. Un fichier destiné à être envoyé par courriel doit rester lisible sur un écran et facile à transmettre. Une version imprimée doit conserver une taille de texte confortable et des coordonnées visibles. Si vous préparez les deux, relisez chacune d’elles dans son usage réel : l’affichage sur téléphone et le tirage papier ne rendent pas toujours les mêmes défauts évidents.
La plaquette peut aussi prolonger un premier échange ou accompagner une prise de contact. Si vous l’utilisez dans une démarche de prospection, veillez à ce que la sollicitation soit pertinente pour le destinataire. La CNIL détaille les règles de prospection électronique : en B2B, l’objet du message doit être en rapport avec la profession de la personne, celle-ci doit être informée et pouvoir s’opposer simplement et gratuitement. La plaquette ne remplace pas ces précautions.
Pour travailler le message qui accompagne le support, réfléchissez à une prospection commerciale respectueuse : le document doit aider à comprendre votre proposition, pas servir de prétexte à multiplier les relances.
Comment vérifier que le document est prêt à diffuser ?
Relisez la plaquette comme le ferait une personne qui ne connaît ni votre entreprise ni votre vocabulaire. En quelques instants, peut-elle identifier le service, le public concerné et la façon de vous joindre ? Les intitulés décrivent-ils réellement le contenu des pages ? Chaque affirmation peut-elle être justifiée par une information exacte, une condition clairement exposée ou un exemple explicitement fictif ?
Faites une seconde relecture consacrée aux détails : orthographe du nom commercial, numéros, liens, adresse, coordonnées, cohérence des prix lorsqu’ils figurent, et correspondance entre la plaquette et vos conditions actuelles. Vérifiez aussi les droits d’utilisation des images et témoignages. Un exemple client, une photographie ou un logo ne doit pas être présenté comme disponible à l’usage sans autorisation appropriée.
Enfin, demandez à une personne extérieure de reformuler l’offre après lecture. Si elle comprend autre chose que ce que vous proposez, simplifiez la phrase ou ajoutez une précision. Le but n’est pas de remplir chaque espace, mais de donner au prospect assez d’éléments fiables pour décider si un échange mérite d’être engagé. Ce travail de clarification sert aussi vos autres actions de marketing et vente pour entreprendre.
Questions fréquentes
Combien de pages prévoir pour une plaquette commerciale ?
Il n’existe pas de longueur universelle. Pour une présentation simple, commencez par la version la plus courte qui permet d’expliquer votre offre, votre méthode et la prochaine étape. Ajoutez des pages seulement si elles répondent à une question réelle du lecteur, par exemple la différence entre plusieurs prestations. Le nombre de pages de l’exemple fictif est un choix éditorial, pas une norme.
Faut-il afficher les prix sur une plaquette commerciale ?
Affichez un prix lorsque votre offre est standardisée et que le montant peut être compris sans diagnostic préalable. Si le coût dépend du lieu, du volume ou du besoin, indiquez plutôt les éléments qui déterminent le tarif et la manière d’obtenir une proposition adaptée. Dans tous les cas, vérifiez que les montants, conditions et éventuelles exclusions sont exacts et présentés sans ambiguïté.
Une plaquette commerciale doit-elle contenir des mentions légales ?
Ne confondez pas une plaquette de présentation avec un devis, une facture ou un document contractuel : les obligations varient selon la nature du document et l’activité. Prévoyez des coordonnées permettant d’identifier et de joindre l’entreprise, et vérifiez auprès d’une source officielle les mentions applicables à votre cas. Une activité réglementée ou une situation particulière peut nécessiter un contrôle par un professionnel du droit.
Peut-on envoyer la plaquette par courriel à des prospects ?
La plaquette elle-même ne dispense pas de respecter les règles de prospection. Pour un message électronique adressé à un professionnel, la CNIL précise que la sollicitation doit être en rapport avec sa profession et qu’il doit pouvoir s’y opposer simplement et gratuitement. Identifiez clairement votre entreprise et prévoyez un moyen pratique de ne plus recevoir de sollicitations.



